Exposition à la galerie Ars Longa

Exposition Woua’art à Nantua

Pendant longtemps, Paul Morellet a cru être un atome esseulé dans la constellation moléculaire, vaste et bigarrée, des peintres de la seconde moitié du XX° siècle. Sans aucune présomption, du reste !
Et puis la renommée a apporté jusqu’à ses oreilles d’atome Morellet la nouvelle de l’existence d’un illustre isotope, dénommé François. Morellet, c’était donc le nom d’une famille d’atomes artistes …
« Famille », il ne croyait pas si bien dire, car derrière l’isotope François, se sont profilés trois autres isotopes : Florent, Frédéric (qui répond plus familièrement à l’appellation classificatoire de Friquet) et Christophe.
En octobre 2000 de l’histoire du microcosme artistique, ces cinq isotopes Morellet, défiant les lois ordinaires de la physique artistique, viennent nouer des liaisons transitoires, mais cohérentes, dans un coin improbable de la galaxie. La molécule singulière ainsi constituée déploiera ses propriétés remarquables durant 1 900 800 secondes ; après quoi, ses atomes retrouveront leurs connexions habituelles et respectives, conservant néanmoins de quelque façon la mémoire structurelle de l’événement de cette aléatoire conjonction.
Jean Paul Pontvianne – Poncin – 14 octobre – 5 novembre 2000
Rencontre avec François et Danièle Morellet

Les critères de sélection, qui permettent de choisir ou de refuser des artistes ou des œuvres pour une exposition collective, sont en général annoncés dans le titre de l’exposition et souvent commentés dans un sous-titre ou un catalogue. Ces titres me semblent se diviser en deux grandes familles. Dans la première, on rechercherait plutôt la poésie, le mystère ou même l’incompréhension, ce qui permet bien sûr aux organisateurs d’exposer d’abord ce ou ceux qu’ils aiment en général.
Ci-dessous, quelques titres d’expositions pouvant se rattacher à cette famille :
Accords opposés, Force fields, D’eau et de grain, Partage d’exotisme, Transfert, Présumés innocents, Passé composé / Futur antérieur, Collection été, What I saw what I understood, Light pieces, Pièces à conviction, Prélèvements d’espaces. Mises en jeu, Nicht Ruhe geben bevor die Erde quadratisch ist.
Tous ces titres désignent, en fait, de sympathiques expositions où j’ai été invité à participer dans les six premiers mois de cette année 2000 (je n’ai malheureusement pas été invité à participer à l’exposition “La beauté” championne dans la famille des critères ouverts). J’ai pu ainsi exposer avec toutes sortes d’artistes, de toutes sortes de tendances, réunis sous toutes sortes de prétextes, et j’en suis ravi.
Dans la deuxième famille, les titres indiquent avec précision les critères de la sélection qui font appel : à la technique employée dans les œuvres, au sexe des artistes, à leur âge, leur nationalité, leur religion, leur appartenance politique, etc. On peut remarquer que tous ces critères, précis ou imprécis, ont deux points communs : tout d’abord, ils sont établis non démocratiquement de l’extérieur, et puis ils sont incapables de désigner nommément tous les artistes qui rentrent dans la catégorie choisie. J’en viens maintenant à notre exposition de groupe qui, elle, a la prétention de surmonter ces deux graves travers. En effet, le comité de sélection, qui a choisi d’exposer tous les artistes français nommés Morellet, est lui-même composé de tous les artistes français nommés Morellet*. Tous ceux, du moins, qui ont eu une activité publique. Si un Morellet avait échappé à notre vigilance, nous lui conseillons, soit d’entrer en relation avec notre comité, soit de changer de nom !
Nous aimons à penser que notre expérience ne sera pas sans lendemain et qu’elle n’est pas indigne de notre ancêtre illustre et probablement commun, le philosophe-encyclopédiste André Morellet. Les ancêtres (paternels) d’André, Christophe, Florent, François, Friquet et Paul Morellet sont en effet tous originaires de la Bresse.
François Morellet
*On ne doit pas oublier que Bertrand Lavier avait organisé en 1984, à la Kunsthalle de Berne, “ La peinture des Martin 1603-1984”. Cette exposition, qui a été reprise cette année au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, a quelques points en commun avec la nôtre, cependant elle en diffère car, contrairement à la nôtre, elle ne peut pas être exhaustive étant donné le grand nombre de Martin dans le monde, et surtout parce qu’elle n’a pas été organisée par les Martin eux-mêmes.